Un site web, c’est comme une cuisine : le prix dépend de ce que vous voulez y faire, et deux devis peuvent afficher 800 € et 8 000 € pour la même phrase « site vitrine six pages ». Voici ce qui se cache derrière ces chiffres, pour comparer ce qui est comparable.
Les quatre prix qu’on rencontre vraiment
0 à 500 € : vous le faites vous-même. Wix, Squarespace, WordPress avec un thème, ou un petit prestataire qui installe un modèle. Le prix affiché est bas, mais il ne compte pas votre temps : comptez facilement vingt à soixante heures pour un site correct, plus un abonnement de 10 à 30 € par mois. C’est une option honnête pour tester une activité ou publier une page unique.
1 000 à 3 000 € : un freelance qui fait du bon travail. Cinq à dix pages, un design adapté à votre activité, un formulaire, la mise en ligne. C’est là que se trouve la majorité des sites de petites entreprises, et souvent le meilleur rapport qualité-prix, à condition que le périmètre soit écrit.
4 000 à 10 000 € : une agence. Plusieurs personnes, un travail sur les contenus, des maquettes, parfois de la photo ou du tournage. Le prix se justifie quand votre marque compte autant que votre offre, ou quand le projet est complexe. Pour un artisan ou un commerce seul, c’est rarement nécessaire.
Au-delà : boutique volumineuse, application, plateforme. On ne parle plus d’un site mais d’un produit. Les délais, le suivi et les compétences n’ont rien à voir.
Le prix affiché n’est jamais le prix total
C’est là que les comparaisons dérapent. Un site ne s’arrête pas au jour de la mise en ligne. Sur trois ans, il faut ajouter :
- le nom de domaine : 10 à 20 € par an, et il doit être à votre nom ;
- l’hébergement : 5 à 30 € par mois selon la formule ;
- les mises à jour : sécurité, corrections, compatibilité. Soit vous les faites, soit quelqu’un les fait et c’est facturé ;
- les contenus : photos, textes, traductions. Une séance photo professionnelle coûte 300 à 800 €, et ce n’est pas toujours inclus ;
- les évolutions : une nouvelle page, un nouveau service, un changement de tarif. Un site vit rarement neuf mois sans retouche.
Demandez toujours le coût de la deuxième année. Un devis à 1 500 € avec 90 € de maintenance mensuelle coûte plus cher sur trois ans qu’un devis à 2 500 € tout compris.
Ce que doit contenir un devis sérieux
Un devis comparable détaille :
- le nombre de pages et leur rôle. « Accueil, Services, À propos, Contact, mentions légales », le nombre de pages ne dit rien de la qualité ;
- le nombre d’allers-retours inclus avant validation ;
- qui écrit les textes ;
- ce qui est fait pour le mobile et pour la vitesse ;
- les accès remis à la fin : nom de domaine, hébergement, code, comptes ;
- la date de livraison et ce qui peut la faire glisser.
Si le devis tient en trois lignes, ce n’est pas un devis, c’est une intention.
Le calcul qui compte
Comparez le coût à ce qu’un client vous rapporte, pas au prix du voisin.
Un site à 2 500 € qui amène deux clients par mois à 400 € de marge est remboursé en trois mois. Un site à 800 € que personne ne trouve reste une dépense. Le bon indicateur n’est pas le prix du site : c’est le nombre de contacts qu’il génère, et leur qualité.
C’est aussi pour ça que le suivi compte plus que la mise en ligne. Un site livré puis abandonné coûte cher deux fois : une fois à l’achat, une fois en opportunités perdues.
Ce qui ne sert à rien de payer au début
Un blog sans idée de contenu. Une version anglaise quand vous travaillez à Limoges. Des animations partout. Une page « Nos valeurs » avant d’avoir une page « Nos tarifs ». Un logo à 1 200 € quand personne ne connaît encore votre nom.
Un site simple, clair, avec de vraies photos et un formulaire qui fonctionne, bat un site somptueux que personne ne comprend. Payez d’abord ce qui amène des clients, et le reste quand le premier a rapporté.

Cinq questions avant de signer↗